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Mardi 21 mai 2013 2 21 /05 /Mai /2013 18:16

C'est la question que je me pose en cette fin d'année, la question que je me suis posée toute la journée. 

On reviendra sur mon expérience d'un an à Choupi-Collège, autant vous dire que ça n'a rien à voir avec ce que j'ai vécu jusque là. Mais aujourd'hui, je fais un mini-bilan de l'année, j'essaie d'observer les progrès de mes élèves et c'est mitigé. Dans ce billet, je me pose des questions qui resteront sans réponses, mais ce n'est pas le but d'en trouver.

 

Une fois n'est pas coutume, j'ai fait aujourd'hui en 4e sport-de-ballon-un-peu-con une évaluation dite sommative, un gros contrôle, un big test, sur tout un chapitre. Ce satané Present Perfect était à l'honneur ainsi que le vocabulaire de l'aventure, du voyage, de la jungle. Vocabulaire, grammaire, connaissances, tout y était. J'ai cru bêtement que quelques trucs étaient entrés dans leurs crânes ces deux derniers mois. Et bah non.

 

Rien. Zéro.

Qu'est ce que j'ai fait ou pas fait pour en arriver là ? Non, je ne suis pas allée trop vite. Ca fait plus de 2 mois qu'on est sur ce chapitre, on a fait environ 1855457 exercices et 3h de révisions. 

Que retiens un élève de 4e de ses cours d'anglais ? Ses cours de 6e. Oui monsieur, oui madame, une expression écrite sur le present perfect = 90% de présent, du can, du must, du rien à voir, du aucun lien fils unique. 

La question que je me pose c'est "est-il trop tard en 4e pour accumuler de nouvelles connaissances qui soient durables ?" est-ce que je rate quelque chose, est-ce qu'il y a un moyen plus efficace de les faire retenir quelque chose ou est-ce que c'est un simple manque d'intéret et de travail ? Dans ma Choupi-Ville, autant vous dire que l'austro-hongrois ne faisant pas partie de la sacro-sainte trinité 'français-maths-histoire' est une matière relativement négligée par les choupi-élèves. 

Avec le recul, je me dis juste "bad day", les jours fériés à répétition, les voyages scolaires, les emplois du temps modifiés ne sont pas propices au travail, ni pour eux ni pour moi. Mais il suffit que je jette un coup d'oeil au paquet de copies pour que ça me donne envie de me jeter par la fenêtre du haut de mon rez-de-chaussée. Aucun effort, aucune logique, désespoir.

 

 

Illustrons mon propos par quelques exemples.

 

Vocabulaire (qu'on a vu, revu, répété, écris, réécris...): 

Plusieurs fois "poisonous" est traduit par "poisson"...

DONC. Déjà, mec, meuf tu es en QUATRIEME. Tu sais donc que POISSON se traduit FISH. Ensuiiiite, tu sais que nous avons étudié le vocabulaire de la JUNGLE, donc des plantes, des animaux qui pourraient éventuellement être VENENEUX. Est-ce que nous avons étudié le vocabulaire de la pêche ? NON. Tu vois, élève où je veux en venir ? Non ? Tu es sûr ? ...

 

"Bank", hum, donc élève, en classe, nous avons vu que le mot veut dire "banque" mais aussi "rive". On l'a répété, plusieurs fois. Nous revoilà dans notre jungle. Dans notre texte, un type tombe à l'eau, un autre l'aide à rejoindre "the bank". Et toi élève, comme 99% de tes petits copains, tu me traduis ça par "banque". 

La prochaine fois que je tombe à l'eau en pleine jungle, élève, merci de m'aider à rejoindre la CASDEN la plus proche... 

 

Grammaire

PRESENT PERFECT = HAVE OU HAS + PARTICIPE PASSE ; PARTICIPE PASSE = BASE VERBALE + ED OU TROISIEME COLONNE DES VERBES IRREGULIERS

En boucle, depuis deux mois.

Dans les copies : I forget, I have forget, I has forgot, I forgots, I forgotten, I has forgets .... 

 

Connaissances culturelles

Placer les lieux suivants sur la carte de l'Australie : Ayers Rock, Coral sea, Great Barrier Reef, Sydney Opera House.

 

Ayers Rock se retrouve au milieu de l'océan Indien, Coral sea au milieu des terres, Great Barrier Reef "chépas" et le Sydney Opera House (qui était dessiné sur la carte) au milieu du pacifique. Mince, j'ai un billet pour Madame Butterfly mais j'ai oublié mes palmes. 

 

Elèves, j'ai compris que vous n'aviez pas révisé. Mais est-ce trop vous demander que de vous poser deux secondes sur un mot. Sydney Opera House. Okay trois mots. Sydney, oui c'est une ville, bravo. Opera, tu peux trouver, si si c'est pas trop dur. Et House, non ça ne veut pas dire docteur. Maison oui c'est ça, bien. DONC est-ce que c'est au milieu de l'océan ? HEIN ?

 

Voilà, tous les jours, il faut se battre avec ce genre de choses. Je pose encore une question dont on aura pas la réponse, est-il possible qu'un élève se rende compte que ce qu'on lui apprend a toujours un rapport avec ce qu'il sait déjà ? Je ne sais pas dans les autres matières mais en langue c'est certain, jamais d'inconnu, des repères partout. Encore faut-il qu'ils prennent la peine de les retrouver. Ne serait-ce que retrouver les points communs entre le contenu de la leçon et le sujet du test, par exemple, ça serait déjà bien. 

Qu'ils arrêtent de bloquer bêtement dès qu'un mot est dans une autre langue, parce que 99% du temps ils le CONNAISSENT ou peuvent le deviner. Qu'ils arrêtent leur mauvaise foi. Ah c'est leur spécialité ça la mauvaise foi.

 

Vendredi dernier, on bosse nos fameux participe passé. Un élève au tableau, on lui dicte "he jumped", il écrit "he jumpt", je lui demande de corriger, chépaaaa, un autre lui dit "he jumpède quoi !" il répond "ah bah voilà ça je connais !". Je bous. Je vais exploser. Dix fois, vingt fois, trente fois qu'on refait cette putain de prononciation du "ed". Mauvaise foi, il sait, il dit que non, il ne veut pas faire d'efforts.

 

Ce matin, un classique mais néanmoins toujours agaçant "je ne peux pas faire le devoir, je n'étais pas là vendredi".

- Si tu peux, c'est un devoir sur tout ce qu'on fait depuis deux mois.

- Non mais je veux dire, je ne savais pas.

- Tant pis pour toi, fallait appeler/SMS/skype quelqu'un.

- Oui mais...

- Pas de mais, on y arrivait bien sans internet ni portable quand j'étais au collège.

- Oui mais vous vous étiez sérieux, nous on s'en bat les couilles..

 

QUI CA "nous" ? Toi ? Ta classe ? Ta génération ? Je suis une vieille croulante qui faisait l'école comme dans les années 50 avec un encrier et une blouse, tu crois ? 


Rappel : j'ai 27 ans et je fais moins, bien sûr.


Et il était fier, de sa "génération de glandeurs", fier de me montrer qu'ils n'étaient pas comme moi, fier de créer entre nous un fossé encore plus large que ce qu'il était jusque là. 

Je ne crois pas à une génération de glandeur, je crois à quelques paresseux, à quelques fils à papa qui ont tout ce qui veulent sans lever le petit doigt, et à cette nonchalance qui sied à l'adolescence depuis la nuit des temps. Mais je crois à leur mauvaise foi. A une vraie volonté de ne pas pouvoir et de ne pas vouloir. Et en cette fin d'année, je ne la supporte plus. Ni ça, ni leur spontanéité "générationnelle", qui frôle parfois l'insolence. Non élève, tu n'as aucun commentaire à faire sur mon rouge à lèvre, sur la longueur de mes racines, sur la couleur de mes chaussures. Tu as le droit d'être lassé et fatigué, mais pas de tout relâcher le 20 mai. Ni dans ton travail, ni dans ton comportement. 

 

Parce qu'on a fait quand même une belle année ensemble, et là tu gâches tout. Gardons un bon souvenir de cette année, encore un peu de courage... 

Par ketamine - Publié dans : école
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Mercredi 12 septembre 2012 3 12 /09 /Sep /2012 21:28

[Parenthèse hypocondriaque] Un jour j'ai vu un reportage sur des japonais qui venaient en France (touristes ou étudiants) et tombaient malade, étaient victimes de bouffées délirantes et de malaises parce qu'ils ne supportaient pas les différences culturelles et l'insécurité en France. Sorte de jet-lag culturel entrainant un gros stress. [Fin de la parenthèse hypocondriaque]

 

Bon. C'est peut-être pas à ce point, mais disons qu'en une semaine et demie, j'ai un peu déchanté dans ma nouvelle ville. J'enchaine les petits soucis de déménagement et l'adaptation est un peu difficile. Genre, j'arrive de la Capitale quoi. Genre je me suis habituée à tout avoir sous là main et aux horaires tardifs.

 

Je n'ai toujours pas le permis, je n'ai toujours pas trouvé le moyen de sortir 1500 euros d'un chapeau, et de toute façon je ne porte pas de chapeau. Mais j'ai une assurance habitation, depuis hier, vous voyez qu'on progresse !


Alors je suis, depuis toujours, même quand j'habitais près de Mini-Ville-En-Provence (le pont, le palais, le théâtre, tout ça) et qu'il n'y avait deux cars par jour, une inconditionnelle des transports en commun. Train, bus, RER, métro, tram. A moi toute seule, je connais plus de réseaux de transports que Google Map.

Alors ici, ben, j'ai acheté un abonnement de bus.

 

Premier jour, dimanche soir. Mon abonnement de bus est tout neuf, tout brillant, et mon nom est joliment écrit en Comic Sans Bold dessus (je ne déconne pas, je vous jure...), je décide de l'étrenner ce soir-là. J'habite à 20 minutes à pieds de la gare. Mais ce soir là, j'ai une grosse valise qui pèse lourd.

Il est 20h20, pas un chat, pas un bus orange à l'horizon (ça c'est pour toi, Korgon, tu vas trouver). Bon ben pas de bus le dimanche soir. Un coup d'oeil sur le dépliant des horaires. Ah, pas de bus du tout le dimanche, en fait. Okay... On ira à pieds alors...

 

Mercredi dernier, 7h20, j'attends sagement à l'arrêt, bien à l'avance, le bus pour aller travailler. Je me lève du banc quand il approche. Le bus passe devant moi, ne ralentit même pas, je lève le bras pour faire signe, le chauffeur me regarde et s'en va.

 

QUOI ? Mais je... ??? POURQUOI ?


 - Mais madame, il faut s'avancer hein, sinon il s'arrête pas !

 - Mais j'ai fait signe et tout !

 - Ah mais non, faut aller jusque là (elle me désigne la route, à au moins 5/6 mètres devant l'arrêt) sinon il s'arrête pas...

 

Okay... Donc je suis dans une ville où si tu n'es pas SUR la route à faire de grands signes désespérés, le bus ne s'arrête pas...

 

Evidemment, il y a deux bus par heure, je ne vous fais pas un dessin, le prochain passe à 8h50. En retard pour mon premier jour, OH YAY.

 

Bon en fait même pas, parce que j'oublie qu'on est plus à la Capitale et qu'un bus met 5 minutes pour aller jusqu'au collège. J'AVOUE, ça c'est plaisant. Non j'aurais pas pu y aller à pieds, je suis une feignasse, voyez. Puis c'est tout en pente ici... (Korgon...) Genre en pente qui monte.

 

 

 

Deuxième dimanche, 20h20 la gare, pas de bus, vous avez suivi. Rentre chez moi à pieds, tout ça, tout ça. Puis je prends ma douche, puis je glandouille un peu, puis il est 21h30. Et j'ai faim. Et j'ai pas fait les courses avant le week-end, et j'ai rien. Si des céréales, mais ça me dit bof.


Google est mon ami, je tape tout ce qui me passe par la tête sushis, chinois, pizzas. Tout ce qui pourrait m'être amené sur le pas de la porte sans que j'ai à bouger de chez moi.


Google est mon ami me trouve l'adresse d'une grand chaîne de pizzeria. Celle où y a boîte dans le nom. En bonne phobique du téléphone, je cherche à passer commande sur internet. Comme je fais chez moi à Petite-Ville-de-Province. Même si le magasin est à deux pas. Feignasse je vous dis... Et non, ça ne veut pas, appelez le numéro machin-chose.

 

D'acc. Répondeur. « Bonjour et bienvenue chez la chaine de magasins de pizzas où y a le mot boite dedans, vous pouvez passer commande tous les jours blablablabla […] et le dimanche jusqu'à 21h30 »

 

ET MERDE.

 

J'ai un peu trop pris l'habitude de commander de la bouffe tard le soir. Et le dimanche. Et le dimanche tard le soir. A Petite-Ville il y a même un truc qui te livre de la junk food et de la glace Ben & Jerry's jusqu'à deux heures du mat'. Idéal pour les soirs de grosse flemme, de rentrage tard, de cuite ou de déprime.

 

Ici, nan. MacDo ? Suis pas fan, mais là j'ai la dalle. Google est mon ami... Seul MacDo est loin, en dehors de la ville, et bien sûr IL N Y A PAS DE BUS. Resto ? Y a bien une pizzeria pas loin.. J'enfile une robe, une paire de ballerines (qui ne servent qu'à ça, à sortir à l'arrache, je ne mets jamais de ballerines) et let's go.

 

 

Vous voulez vraiment que je vous raconte la suite ou vous avez deviné ?

 

 

Et comme j'ai pas du tout envie de faire toute la ville à pieds à 22h pour trouver un resto ou un kébab ouvert, ce soir-là je vais dormir sans dîner. Ca m'apprendra à ne pas m'organiser.

 

Même genre d'anecdote, un soir où j'ai décidé d'aller faire les courses après 19h. Comme je faisais à La Capitale, et à la Capitale Austro-hongroise avant ça. Mais qu'est ce qui m'a pris, bon dieu... EVIDEMMENT la supérette était fermée, EVIDEMMENT l'hypermarché aussi et de toute façon après 19h, devinez quoi... Oui monsieur devant là ? Il fait nuit ? Non ça va même ici, en septembre il fait encore un peu jour. Madame à droite, une idée ? Ouiiii il n'y a PAS DE BUS.

 

Et la Cité Perdue n'a pas fini de m'embêter :

 

Je vais name-dropper un peu, une fois n'est pas coutume, mais ce soir

ça m'ennuie de trouver des surnoms ou de faire des devinettes.

 

J'ai fait déplacer mon abonnement internet Free de La Capitale à la Cité Perdue, chose que je n'aurais pas du faire, parce que ça prend trois plombes et c'est bien plus simple de résilier et d'aller chez le concurrent. Conseil.


Et pour ça il faut leur fournir un numéro de ligne. Et y a pas de numéro de ligne dans mon appart... Alors j'appelle le truc de Free pour qu'ils me la trouvent. A douze mille euros la minute. Au bout du fil, « Jean-Baptiste », charmant hotliner très sympa, ne trouve ni la rue, ni l'appart. C'est presque s'il ne trouvait pas la ville...

 

Puis renvoi au service commercial, où j'ai, cette fois-ci, « Yasmina » charmante aussi, qui me dit qu'il n'y a pas eu le téléphone depuis longtemps dans mon appart, et qu'il faut qu'on vienne « construire la ligne ». Superbe mot pour dire « raccorder deux fils ». Genre les gens ils ont même pas le téléphone ici ? Enfin, on a coupé la ligne parce qu'elle ne servait plus depuis 6 mois, qu'on m'a dit... Donc demain, j'ai un monsieur ou une madame de chez France Télécom – Orange je sais même plus comment ils s'appellent, qui vient « construire ma ligne ». Yay.

Et pendant ce temps, Yasmina m'a conseillé d'utiliser mes identifiants Free Wifi pour avoir internet quand même, en captant un hotspot Free.

 

On capte partout des hotspots Free.

 

 

 

 

Partout.

 

 

 

 

 

 

Sauf ici.

 

 

Je capte à deux barres, donc mal, un hotspot SFR et j'ai mendié des identifiants. J'ai une barre de 3G, suffisante pour raconter des conneries sur Twitter, mais pas beaucoup plus.

 

Je veux de l'internet. Du gros qui va vite. Pitié. Et EN PLUS, parfois le SFR wifi déconne, et je me retrouve plusieurs heures sans internet. Comme ça m'est arrivé tout à l'heure...

 

Alors, en attendant, je peux regarder la télé. Hahahaha non, c'était une blague !

 

La télé. Ah. Pas encore ma box Free donc, on va utiliser l'antenne, à l'ancienne. Alors j'ai acheté un beau cable blanc tout neuf. Et puis arrivée à la maison, j'ai branché mon beau cable. Enfin j'ai essayé. J'ai mis le côté mâle dans la télé, et je me retrouve avec un embout femelle. Et la prise dans le mur est un embout... femelle.

 

Loin de moi l'idée de faire de l'homophobie de prises d'antenne, mais deux embouts femelles, ça ne va pas ensembles. Alors je vais au magasin, chercher un adaptateur pour avoir un embout mâle.

 

Puis je branche mon adaptateur. Puis j'arrive pas à le rentrer dans le mur...

 

Je cherche sur Google est mon ami. Hum. Il y a donc deux normes de taille de prises d'antennes. 9,5 mm pour les plus récentes, 9mm pour les anciennes. J'ai un cable en 9,5 et une prise murale en 9. NORMAL. Parce que les gens ils n' avaient pas la télé non plus ici, voyez...

 

Je fais deux magasins, un à la Cité Perdue, je trouve pas, un à Petite-Ville, je trouve. Et entre temps j'en commande aussi un sur internet, ON NE SAIT JAMAIS. (Bon ça coute moins d'un euro, c'est pas la mort) (Tiens en disant ça, je pense à ça : « Une commande de 50 euros, ça peut finir à la poubelle, y a pas mort d'homme »)

 

Dimanche soir dernier, il y a trois jours donc, j'ai ramené tous mes embouts, j'ai réussi à bricoler un truc, et j'ai branché ma télé, et après quelques galères de réglage, ça marchait. Oh oui.

 

Et cet aprem, en pleine rediffusion de Tellement Vrai (ou assimilé) alors que je comatais à moitié endormie sur mon lit, pouf. Pouf comme dans "POUF C'EST TOUT". Plus rien, la télé s'est éteinte. Plus de signal, captait plus les chaînes, rien. J'ai relancé la recherche automatique, puis manuelle de chaine, pas de signal. J'ai changé de câble, d'embout, j'ai rembranché, débranché, éteint, rallumé, retourné, lancé en l'air, tapé avec un marteau et jeté par la fenêtre, et toujours rien.

 

 

Ca fait cinq-six heures maintenant. Et rien.

 

 

Google est vachement beaucoup mon ami ne m'a pas aidée. Puis de toute façon, c'est tombé en même temps que la panne de SFR Wifi. Et ma 3G à la barre unique était trop lente.

 

 

BIEN.

 

 

Moi l'accro aux technologies, aux écrans, aux ondes en tout genre, je me retrouve au vert, coupée de tout, plusieurs heures par jour. C'est chelou, je vous jure.

 

Je capte un peu la radio. Mais au delà de Nostalgie, j'avoue que je n'ai pas bien cherché, par peur de ne plus rien capter. Ptêt France Bleu Pays de la Vache... Et encore...

 

Allez, allez pas déprimer... J'ai encore des bouquins. (et je ne vous raconte pas le coup de la librairie de la ville où je suis restée plus d'une heure pour trouver une BD et un roman... Y avait rien d'intéressant. Rendez-moi la Fnac, Momie Mangas et WHS Smiths, pitié.)

 

 

Et j'ai encore le numéro d'Octobre de Glamour. UNE BONNE SOIREE.  

Par ketamine - Publié dans : perso
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Lundi 10 septembre 2012 1 10 /09 /Sep /2012 19:38

Mais me revoilà. COUCOU. 

 

Bon. C'est pas que ça fait longtemps mais quand même... Ca va ? Vous avez été sages ? Passé de bonnes vacances ? 

 

Fini Jurassic Park.

En juin je voulais faire un bilan. Puis l'été est passé, et je n'ai plus eu envie d'en parler.

 

Alors on n'en parle plus.

 

Et puis c'est tout.

 

 

On commence autre chose, d'un peu..euh.. différent. Tout d'abord, une petite question, savez-vous  comment s'appelle la suite de Jurassic Park ?

 

 

"Le monde perdu". HAHAHA.

 


 

Parce que moi je ne fais pas les choses à moitié. De la banlieue craignos, je passe direct au département le moins peuplé de France, ou presque...

Bienvenue dans le monde magique de La cité perdue.

 

Faut quand même que je vous raconte la grosse blague du mois de juillet.

TZR, on me met en poste sur non pas un, non pas deux, mais TROIS établissements, situés à une trentaine de kilomètres les uns des autres...

 

Hahahaha !

 

Haha...

 

Ha...

 

Ah ? C'est pas une blague ? Sans dec' ?

 

Putain.

 

L'été a été long, très long, mouvementé :il y a eu moult courriers, coups de fils, rendez-vous au rectorat et cierges déposés à l'église..

Et puis, le 28 Aout, vaut mieux tard que jamais, on m'annonce finalement, qu'un stagiaire a délaissé un poste sur un seul établissement, en pleine ville de la Cité Perdue. Pas cool pour lui, le poste était "trop loin". Mais pour moi, OH YEAH BABY. Danse de la joie quand Madame Rectorat m'a appelée pour me le proposer.

 

J'ai emballé mon pc, mes manuels et mes cds dans des cartons des sacs Auchan, et tout emporté très très loin. Au delà des rivières et des montagnes, au delà des forêts et des lacs, des arc-en-ciel et des licornes, à des centaines de lieues au sud de ma chère Petite-Ville-de-Province. (Tiens d'ailleurs c'est quoi le pluriel de "arc-en-ciel" ?)

Et j'ai tout balancé dans un petit studio meublé. Juste à temps pour attaquer ma nouvelle vie. Un peu stressée, un peu angoissée, un peu triste de passer encore une année loin de Boyfriend.

 

Et là, waaaaaaa. Emerveillement...

 

Tout n'a été que joie et soulagement à mon arrivée dans ce collège.

 

Analysons : 

 

Le collège est à DIX minutes de chez moi.

 

(Oui ça compte. Après deux ans de 1h30 de RER matin et soir, CA COMPTE.)

 

J'ai ma salle, toute équipée, avec vidéoprojecteur, système de son, et DEUX lecteurs CD. (J'ai presque envie d'en envoyer un à Jurassic Park, où il y en a à peu près zéro, tant j'ai finalement pitié...)

Des tables et chaises impeccables, propres et neuves. Le collège entier est grand, propre, neuf. Même après 6h de cours dans la même salle cet après-midi, il n'y avait pas UN papier par terre...

 

Maman, où suis-je... J'ai peur. Ca peut pas être vrai, il va arriver un truc, genre un serpent géant va sortir d'une cave en plein cours. Ou alors on est dans une zone de séisme 12 sur l'échelle de Richter.

 

Et les collègues, l'ambiance...

 

Des gens m'ont accueillie chaleureusement, se sont montrés compatissant avec ma situation familiale compliquée et GENTILS, des gens un peu plus euh... hum... âgés, un peu plus expérimentés, rassurants et sympas. Ces gens qu'ils soient profs, agents, chefs, m'ont assurés de la bonne ambiance qui régnait, et du comportement normal des élèves... Et des collègues.... Ils ne m'ont pas encore envoyé de mail d'insulte. Comme je suis heureuse.

 

 

La salle des profs est immense, les PCs fonctionnent, les photocopieurs aussi..

(Ca compte, aussi, après deux ans blablablabla...)

 

 

Il y a moyen de travailler. Dingue.

 

Tant de luxe, c'est trop pour moi.. J'en ai pleuré le premier jour. Pour de vrai. J'ai eu les larmes aux yeux quand on m'a emmenée pour la première fois dans MA salle.

 

 

MA SALLE.

 

 

C'est inespéré. C'est trop d'émotion.

 

 

Les élèves ? Hein ? Qui ? Ah oui. Les élèves, c'est marrant.

 

Un collège socialement "mixte", le mélange est rigolo. On a une moitié de ruraux venant des bleds alentours et une moitié de citadins, wannabe Kévin, et Fausses Jennifer très maquillées. Deux mondes éloignés mais qui cohabitent plutôt bien. Bon, on n'a pas les mêmes problèmes ici aussi.La ville est tranquille et le département plutôt riche..

Mais ils sont drôles, très euh...nature-peinture, j'te dis tout ce qu'il me passe par la tête et te regarde comme une bête curieuse quand je te croise. Mouarf.

 

Le plus drôle sont les activités, sports et hobbies de ces jeunes-là. CA CHANGE. J'ai eu la bonne idée, comme premier exercice d'austro-hongrois de leur demander de me parler de leurs activités.... Je me suis bien marrée.

 

Une dizaine de filles fait du TWIRLING. C'est ça. Ou ça. VOUS VOYEZ LE GENRE. Attention, ne dites surtout pas majorette, ça les vexe à mort.


 - Ton loisir ?

 - Le Twirling

 - Ton livre préféré ?

 - "PASSION TWIRLING"

 

Et les gars... Outre la section sportive « Sport-de-ballon-bourrin-pas-très-fin » dont j'ai récupéré quelques énergumènes en quatrième, j'ai eu un très beau :

 

"I like la pêche au brochet."

 

 

 

CAN YOU CHEVAL ? NO, I LIKE LA PÊCHE AU BROCHET.

 

Grandiose.

 

Ca vaut douze can you cheval, au moins.

 

 

Et les films, ET LES FILMS, mon Dieu.


 - Quel est ton film préféré ?

 - LA SOUPE AUX CHOUX

 

 

OKAY... et toi, Le mur de l'Atlantique, non ?

 

 

C'est mal de se moquer. Vilaine Erzébeth.


 

 

Mais sinon, dans ce nouveau collège j'ai découvert LA CHOUPITUDE.

 

La choupitude c'est le gamin qui ne te connais pas qui te fais des grands sourires dans le couloir.

La choupitude c'est l'élève, que tu n'as encore jamais eue, qui vient te dire à la cantine qu'elle a oublié son workbook.

La choupitude c'est tous les bonjour et au revoir que tu entends quand tu entres ou sors du collège. De la classe. Du réfectoire.

La choupitude c'est les gamins qui viennent te parler à la fin de l'heure parce qu'ils ont été à la Capitale l'an dernier, et même qu'ils ont pris le train à Petite-Ville-de-Province et que leurs arrière-demi-soeur a vécu un an dans l'Empire Austro-hongrois.


La choupitude ça me manquait, vraiment. 

 

Et ce soir, je ne peux m'empêcher d'avoir une pensée pour mes anciens collègues, mes twitt-amis et mes vrais amis, qui sont toujours là-bas, dans les terres de la Capitale. Dans leurs galère. Je pense à eux, au courage qu'ils ont de rester, d'affronter chaque jour la violence, les incidents, la misère. Je leur souhaite à eux une bonne rentrée et une bonne année.

 

Moi ça va. 

Par ketamine - Publié dans : école
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Samedi 30 juin 2012 6 30 /06 /Juin /2012 13:39

PC cassé (et taper un blog sur iPhone je vous jure que c'est pas bien faisable) + emploi du temps de ministre (et je ne parle pas que du boulot, entre les surveillances de brevet et les rendez-vous au rectorat faut aussi caser des heures pour le spa ou pour regarder Pékin Express) + pas de nouvelle (bonne nouvelle ?) des mutations = plein de choses à dire et plein d'articles en retard, dans mon petit cahier rouge ou dans mon cerveau-gruyère (donc ceux-là on les oublie, en fait).

 

Je reviens, un jour, faire un bilan de ces deux années de Jurassic Park qui s'achèvent. Restez-là, ne partez pas, je vous allume la Wii pour patienter et y a du café de trois jours dans la cuisine. Faites-comme chez vous.

 

Sinon, hier j'ai pris un an de plus. Ca va, ça va je le vis bien.

Si, si, je vous promets. 

 

(Je vais me tartiner de crème anti-rides, brûler ma carte 12-25 et pleurer et je reviens.)

 

A++++ (Caramail-style)

 

 

Par ketamine - Publié dans : Perso + école
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Lundi 18 juin 2012 1 18 /06 /Juin /2012 14:05

"Vous êtes hors-barème, on ne peut plus rien pour vous, merci, au revoir."

 

En gros c'était ça.

 

Je n'ai pas mis longtemps pour rencontrer quelqu'un ce matin au rectorat. Arrivée à 8h50, j'étais dans le bureau cinq minutes plus tard. J'ai tenu bon, j'ai posé clairement toutes les questions que j'ai voulu. Mais à chaque fois ça s'est soldé par "on ne peut rien". Mes arguments n'y ont rien fait, les barèmes ce sont les barèmes.

 

Quand j'ai été envoyée à Jurassic Park, j'ai sagement attendu d'avoir des points. Deux ans. Je savais qu'un an serait insuffisant, mais deux ans, ça me paraissait bien, parce que :

 

- L'année où j'ai passé le concours je suis allée faire un stage d'observation dans un lycée, à cinq minutes de chez moi. La prof avait 25 ou 26 ans, et son parcours m'a fait rêver : Concours plutôt bien classée (comme moi) - Stage dans un petit village du département pas trop loin de Petite-Ville-de-province - Région parisienne pendant UN AN - Retour dans l'académie de Petite-Ville-de-Province avec POSTE FIXE EN LYCEE en plein centre ville de Petite-Ville.

 

- L'année d'après je faisais mon stage à La Petite Maison dans La Prairie à St-Farfadet. Une de mes covoitureurs était une jeune prof de cubes. Elle venait d'être nouvellement nommée TZR sur une zone un peu éloignée de Petite-Ville, mais avec un poste à l'année dans ce collège. Pas de complément de service, pas de remplacements. Elle aussi n'avait passé qu'un an en région parisienne.

 

- L'année où je suis partie à Jurassic Park. J'étais la seule ou presque, sur un groupe d'une vingtaine de stagiaires nouvellement titularisés à partir aussi loin. La plupart avait obtenu l'académie de Petite-Ville, ou des académies limitrophes. Ils étaient plus où moins tous mariés/pacsés/avec enfants, et avaient tous plus de 25 ans. J'en avais tout juste 23. L'académie à l'époque "coûtaient" une centaine de points, même moins, et il en fallait aussi très peu (autour de 80) pour rester dans Petite-Ville.

 

Pour moi avec tous mes points durement accumulés, c'était clair que cette année serait la mienne. Que je rentrerais et obtiendrais un poste de rêve à 10 minutes de chez moi. C'était sans penser aux écarts énormes de barèmes qu'il peut y avoir  d'une année sur l'autre. Cette année, il m'en a fallu plus de 300 pour revenir, et être TZR sur une des trois zones englobant la ville coûtaient plus de 500 points. 

 

Mais évidemment, ça on ne peut pas le savoir à l'avance. On ne connait les barèmes qu'à la fin du mouvement. 

 

Pas de situation d'urgence, pas de points, aucune raison de me rapprocher en priorité. Pas de négociation d'affectation provisoire possible.

Au final je me retrouve dans une situation encore PLUS pénible que si j'étais restée un an de plus à Jurassic Park. Je ne pensais pas que ça pouvait arriver.

 

En fait j'aurais pu faire tous les voeux possibles et imaginables, je n'aurais pas eu assez pour la zone géographique "très limitée", qu'ils m'ont dit. Point. 

 

Désolée de demander une zone très limitée. Moi je veux être chez moi. C'est tout. 

 

Voilà, depuis ce matin j'ai les idées plus embrouillées que jamais. Je ne vois aucune issue de secours. Je ne sais pas quoi faire. Boyfriend me fait comprendre qu'il ne supportera pas une année de séparation supplémentaire. Et moi je ne vois aucun intérêt à tenir un an de plus, si c'est vraiment TOUTE SEULE. Même plus à Paris où j'ai des amis.

 

J'aurais jamais du demander une mutation aussi tôt. Mais avec l'année que j'ai passé, je n'avais pas beaucoup d'autre choix.

 

Putain, j'y ai cru. Vraiment. 

 


 

 

Par ketamine
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